Un Çamedit à Genève

Il commence pas trop tard. Mais, suffisamment pour flâner dans les draps, entendre la porte se fermer, sa progéniture partir travailler.

Allez, trois quart d’heure encore… À apprécier cette nouvelle vie qui s’offre à nous. Où l’on n’a plus ce solennel devoir de mettre la maison en route … Où les enfants sont grands et l’on réapprend, petit à petit, à prendre soin de soi, à s’écouter et à n’avoir rien d’autre qu’à s’organiser une journée comme on l’aime, comme on la voudrait.

Et cet exercice n’est pas des plus évident ! 20 ans de conditionnement à tout penser, acheter, ou voir sous l’angle de la famille, les enfants avant! C’est ainsi dur de naturellement tendre vers un état complet et vite réjoui.

Le manque, un sentiment d’inutilité. Une envie de se re-projeter (trop facile) dans une famille où il faudrait reprendre ce rôle que l’on vient à peine de quitter pour se sentir exister. On le fait bien évidemment par amour, cela coule de source. Mais ne s’agit-il pas aussi d’une fuite que de ne pas saisir l’opportunité, une fois dans sa vie, d’avoir une vie plus tournée vers soi? Et d’en profiter, ainsi que d’en faire profiter ceux que l’on aime, de ce chemin vers ce nouveau soi.

On nous aime altruiste, sacrifiée et responsable, qu’on le veuille ou non. Parfois, la vie aimerait nous enfermer dans ce rôle, nous mêmes, nos proches, la famille et jusque dans sa vie professionnelle.

Nous sommes des êtres en mouvement perpétuel. Je vis moi-même cette transformation personnelle. Mes carapaces, mes peaux, faites de peur, de retenues, ont maintenant sauté et chaque évolution, jour après jour, va dans ce sens.

Et aussi vite que l’univers, nos transformations les plus profondes ne sont pas perçues par les personnes qui ont construit une certaine image et représentation de nous. Et bien que ces personnes fassent partie de notre entourage et nous veulent du bien, elles nous retiennent et nous écartent de ce moi-transformé.

Alors il est comment ton “ça-me-dit” à toi?

Idéalement, il fait un temps splendide. Des bribes de souvenirs de la nuit précédente reviennent peu à peu colorer ce samedi à Genève parfaitement improvisé et fortement apprécié. Après un coup de radio musicale, un ou 2 cafés, un départ sur la ville avec une vague envie de jus de carotte et de bruschetta glanés à Manor, suivant l’heure et le moment de l’année une virée dans un parc, un détour dans une galerie, un magase, un verre improvisé avec un ami, une longue marche à pied direction le bain des Pâquis où il fait bon passer la fin d’après-midi et écouter un concert improvisé, soleil couchant. Le programme du soir qui commence à se préciser. Un repas ou une sortie dansante, l’heure de rentrer de la plage pour la casa, à moins qu’un crochet chez cet ami à 2 pas du lac. Prolongement improvisation, la soirée est mienne! Il n’y a pas de bébé pleurant, ou de ventre affamé à satisfaire. Mon grand m’appelle pour me tenir informé et peut être se croiser pour manger un truc! Tout est plus ease, c’est fort apprécié. Je sens que c’est bien que je prenne le temps d’en profiter.. Toute ma personnalité et ma nature en ressortent transformé!